GrapheneOS, la distribution Android open-source qui place la sécurité et la confidentialité au-dessus de tout, semblait sur le point d’abandonner les Pixel 11. Il y a quelques jours à peine, le projet déconseillait l’achat des derniers smartphones haut de gamme de Google, faute d’une protection matérielle jugée indispensable. Une mise à jour du firmware vient pourtant de relancer l’espoir : les développeurs y ont découvert une prise en charge que l’on croyait absente.
La Memory Tagging Extension repérée dans le nouveau firmware
Ce qui manquait aux Pixel 11, c’était la prise en charge de la Memory Tagging Extension (MTE). Cette technologie matérielle étiquette chaque accès à la mémoire afin de détecter les erreurs d’adressage, comme les dépassements de tampon ou les failles de type use-after-free, que des pirates peuvent exploiter pour compromettre un appareil. Son absence aurait placé la nouvelle génération de Pixel sous le seuil de sécurité exigé par GrapheneOS, qui se réserve le droit de ne pas supporter un appareil jugé trop vulnérable.
Tout a basculé avec la sortie d’Android 17 QPR2 Beta 4, la première bêta compatible avec la série Pixel 11. En examinant le firmware de cette version, les développeurs de GrapheneOS ont trouvé des références indiquant que les téléphones disposent bien d’un support matériel de la MTE, contrairement à ce que laissaient supposer les versions précédentes. C’est GrapheneOS sur X qui a annoncé la découverte le 1er septembre, quelques jours seulement après avoir déconseillé l’achat de ces appareils.
Un support au strict minimum, dont les performances restent à prouver
Reste que cette prise en charge n’a rien d’idéal. GrapheneOS la décrit comme limitée au strict minimum au niveau matériel. Ses développeurs pensent que Google a retiré l’essentiel de l’accélération matérielle gérée par le cache du processeur, vraisemblablement pour réduire les coûts. Les performances de la MTE auraient été tellement dégradées que la fonction a fini entièrement désactivée dans le firmware, ce qui expliquerait pourquoi elle ne peut pas être activée simplement depuis les réglages.
Pour la réactiver malgré tout, l’équipe expérimente plusieurs approches, notamment une modification de l’allocation de la mémoire au démarrage et l’utilisation d’un noyau altéré pour ignorer la restriction logicielle. Elle doit encore vérifier que l’activation est fiable, puis mesurer son impact sur les performances, qui pourrait être sensible. Rien ne garantit donc, à ce stade, que le Pixel 11 obtienne le feu vert.
Pour les utilisateurs soucieux de leur vie privée, l’enjeu est de taille : les Pixel font partie des rares appareils capables d’accueillir GrapheneOS, et la perspective de voir la série 11 écartée les laissait sans véritable alternative.



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