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5G et environnement : une technologie qui fait débat

Le réseau de cinquième génération devrait être lancé à la fin de l’année mais continue de faire débat sur le plan environnemental, tant au niveau des citoyens que des politiques.

Le 21 juin, la Convention Citoyenne pour le Climat a remis ses près de 150 propositions au gouvernement, parmi lesquelles la demande d’un moratoire sur la 5G. « Instaurer un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l’évaluation de la 5G sur la santé et le climat », c’est l’une des propositions de la Convention Citoyenne.

Les avis divergent au sein du politique

Tandis que du côté du politique, les avis sont partagés. D’un côté, la Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, s’est toujours montrée en faveur de la 5G et ne souhaite pas repousser les enchères des fréquences qui auront lieu en septembre.

De l’autre côté, Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Olivier Véran, ministre de la Santé, ont demandé au Premier ministre d’attendre l’évaluation de l’Anses sur les risques sanitaires potentiels du réseau, avant de déployer la 5G. Mais cette évaluation ne sera rendue qu’au printemps 2021, soit plusieurs mois après le lancement du réseau en France.

Des maires en faveur d’un moratoire

Les municipales viennent aussi de montrer l’envie d’un moratoire sur la 5G de la part de différents maires en France, souvent de mouvance écologiste.

Le maire de Bourg-en-Bresse et secrétaire national du PS à la transition écologique déclarait quant à lui dans une tribune à Libération que « Nous devons être en mesure de décider quels sont les usages que nous acceptons comme des progrès et quels sont ceux que l’on doit rejeter au nom d’autres impératifs, comme la lutte contre le réchauffement climatique ».

La 5G, pourquoi ?

Hier au micro de France Inter, c’est le secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts, Julien Bayou, qui affirmait que la 5G est « extrêmement consommatrice d’énergie » et « pose des questions d’autonomie stratégique du pays ». Il se montre également en faveur d’un moratoire et d’un débat approfondi sur ladite technologie.

« Notre enjeu sur la 5G, c’est qu’elle est extrêmement consommatrice d’énergie. Pourquoi ? Pour regarder plus vite la pub ? Est-ce que c’est ça l’enjeu ? Là où, par contre, il y a des territoires qui ne sont absolument pas encore desservis par Internet. »

Julien Bayou sur France Inter

Une table ronde au Sénat

Ce mardi 30 juin, c’est le Sénat qui a accueilli une table ronde autour de la question de la 5G, avec l’Arcep, l’Ademe, des opérateurs mais aussi des associations. Ces différents acteurs ont pu échanger sur les risques potentiels au niveau de l’environnement notamment.

L’impact sur l’environnement

Les implications environnementales de la 5G se posent donc. Le risque selon le think-tank The Shift Project serait ainsi de voir exploser la dépense énergétique des opérateurs dans les prochaines années. Les consommations des antennes 5G seraient alors plus importantes que les antennes 4G, et la question de la pérennité des réseaux précédents entre également en jeu.

En-dehors des infrastructures, la question des usages se pose également. Ces usages vont en effet augmenter, avec davantage de données consommées pour les vidéos en streaming, la réalité virtuelle ou les jeux vidéos en ligne par exemple.

« La 5G c’est le streaming, la voiture autonome, l’Internet des objets. Nous sommes à la veille d’une explosion des transmissions de données » indique l’association Agir pour l’environnement. En sachant que ces données représentent déjà 80% des contenus consultés sur la toile et pourraient augmenter encore plus.

Les équipements devront être changés en conséquence, comme les smartphones ou objets connectés qui auront besoin d’être compatibles à la 5G. Et la fabrication de tous ces terminaux est très énergivore.

Pas de moratoire avant l’attribution des fréquences 5G ?

Du côté du gouvernement, Emmanuel Macron a rejeté certaines propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, dont le moratoire sur la 5G.

Agnès Pannier-Runacher a d’ailleurs réaffirmé mardi le lancement des enchères de la 5G qui auront lieu en septembre, « une technologie essentielle à la compétitivité de notre pays » selon elle, alors que les membres de la Convention viennent de demander un moratoire.

Le calendrier ne risque donc pas d’être reporté dans ces conditions.

Un autre rapport attendu en fin d’année

Un autre rapport sur les effets de la 5G sur l’environnement doit également être rendu en fin d’année par l’Arcep en collaboration avec l’Ademe, l’Agence de la transition énergétique.

Selon le président de l’Arcep Sébastien Soriano, ce rapport « sera l’occasion de faire des propositions. Il faudra se poser la question de mesures pour que nous puissions surveiller, inciter et contraindre les opérateurs ».

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