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5G : les aéroports refusent son déploiement pour le moment

Alors que la 5G va officiellement se lancer dans plusieurs grandes villes de France, les aéroports la refusent pour le moment.

Ce vendredi 20 novembre, la ville de Nice annonçait officiellement qu’elle allait ouvrir le bal sur la 5G en France. Elle a en effet déployé des antennes 5G sur une partie de la commune en partenariat avec SFR et l’a rendu accessible à 50% des niçois. Les offres 5G de l’opérateur au carré rouge seront d’ailleurs disponibles à partir du 24 novembre.

Et d’ici quelques semaines, plusieurs grandes agglomérations françaises – telles que Bordeaux, Lyon, Grenoble, Paris, Montpellier, Nantes, Toulouse, Rouen et bien d’autres – ouvriront l’accès au réseau de cinquième génération à une partie de leurs habitants.

Un déploiement mis à rude épreuve

Mais le déploiement ne se fera pas si facilement que ça. En effet, selon une information des Échos, les aéroports ont refusé que la 5G soit déployée sur leurs zones. En cause : un risque de perturbation des signaux radio permettant le guidage et le suivi des avions. La DGAC s’appuie sur un rapport américain du mois d’octobre dernier, stipulant que la 5G présente un risque majeur” pour les radioaltimètres des avions, exploitant les mêmes fréquences 3,7-3,9 GHz que la 5G.

Et selon ce rapport, les radioaltimètres sont les seuls appareils à bord des avions à pouvoir mesurer la distance par rapport à d’autres obstacles ou au sol.

Cette annonce dénonce alors le manque d’études sur les conséquences que la 5G peut avoir sur des endroits techniques, tels que les aéroports. La question du risque que le réseau télécoms de nouvelle génération peut avoir sur ce type de lieux se pose alors, mais aucune réponse ne peut être apportée à l’heure actuelle.

Des analyses techniques complémentaires sont en cours pour s’assurer de la compatibilité de ces stations 5G avec les besoins de l’aviation civile.

Philippe Barnola, sous-directeur de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC)

Mais alors, est-ce que les villes comportant un aéroport rencontreront un problème de couverture 5G ? C’est une des conséquences que peut avoir le véto des aéroports sur le réseau de cinquième génération.

Les opérateurs en colère face à cette décision

Si les aéroports préfèrent légitimement jouer la prudence, les opérateurs se montrent tout de même en colère face à ce véto qui pourrait entraîner des retards dans le déploiement de la 5G. Les aéroports ont pris cette décision suite aux différentes enchères durant lesquelles les opérateurs ont dépensé près de 3 milliards d’euros à l’État pour acheter des blocs supplémentaires et se positionner sur le spectre.

Les opérateurs comptent dans un premier temps couvrir les centres-villes des agglomérations avant les périphéries. Mais ils craignent de ne pas pouvoir couvrir des villes situées près d’aéroport, telles que Roissy, Orly, Blagnac, Mérignac etc. Orange, SFR, Bouygues Télécom et Free ont alors écrit une lettre au ministre en charge du Numérique et des Communications électroniques, Cédric O, pour se faire entendre :

Avoir des réserves, c’est légitime, mais 7% du monde est déjà couvert en 5G. Il n’y a jamais eu le moindre problème avec les avions. A la fin, c’est usant. Le risque, avec cette histoire, c’est que les théories du complot sur la 5G ne repartent de plus belle.

S’énerve un des opérateurs dans la lettre

Des menaces de la part de SFR

Dans cette même lettre, SFR va plus loin en menaçant de ne pas verser la première tranche d’environ 118 millions d’euros qu’il doit à l’État, au titre des fréquences, tant que la DGAC n’aura pas levé son refus de la 5G. Il avance dans le courrier que : “Ces réserves gèlent toute utilisation des fréquences dont nous sommes désormais titulaires. Vous nous permettrez de nous étonner et de nous émouvoir de cette situation.

L’opérateur au carré rouge est rejoint par Bouygues Télécom qui demande une indemnisation “à proportion de ces nouvelles contraintes“.

L’ANFR et le cabinet du ministère du Numérique essaient alors de temporiser la situation. Le cabinet avance que les aéroports ne représentent que 4% du premier paquet de 300 antennes, validé le 20 novembre dernier. En Allemagne, la solution a été trouvée en amont en adaptant les déploiements de stations 5G autour des aéroports. Le journal Les Echos rapporte également que des travaux au niveau européen ont été lancés à ce sujet.

Le directeur de l’ANFR avance lui que cette situation ne provoquera un retard que de quelques semaines, voire mois dans le pire des cas :

Au final, il y aura un retard de quelques semaines, voire de quelques mois, sur un nombre limité d’antennes à proximité des aéroports. Il n’y aura pas de zones d’exclusion durables. Les aéroports français ont la 2G, la 3G et la 4G. Ils auront aussi la 5G.

Gilles Brégant, Directeur de l’ANFR
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