SFR Free

Vente de SFR : Free confirme être intéressé

Le groupe Iliad, maison mère de Free, continue d’agiter le marché des télécoms européen. Alors que des discussions sont en cours autour d’un possible rachat de SFR, Iliad a définitivement tourné la page de son projet de rapprochement avec Telecom Italia. Focus sur les ambitions du cinquième opérateur européen.

Une consolidation française encore incertaine

Lors de la présentation des résultats semestriels du groupe, Thomas Reynaud, directeur général d’Iliad, a confirmé l’existence de discussions « très préliminaires » au sujet d’un éventuel rachat de SFR. Ces échanges, amorcés avant l’été, ont été déclenchés par les difficultés financières d’Altice, la maison mère de SFR, aujourd’hui placée sous protection judiciaire pour restructuration de dette.

Pour autant, le dirigeant a insisté sur la complexité de ce type d’opération, qui toucherait directement aux infrastructures et à la continuité de service. Il s’agit pour Iliad d’une « opportunité » mais non d’une « nécessité ». Le groupe reste donc prudent, rappelant que passer de quatre à trois grands opérateurs en France poserait de sérieux enjeux en matière de concurrence.

Telecom Italia : fin de partie

En parallèle, Iliad a définitivement mis un terme aux discussions engagées avec Telecom Italia. Les négociations, entamées en février, ont été abandonnées dès avril, a confirmé Thomas Reynaud. Il a souligné la dimension de plus en plus politique du dossier, Telecom Italia étant partiellement détenue par l’État italien, ce qui complique les opérations transfrontalières.

Malgré ce revers, Iliad poursuit sa croissance sur le marché italien, où ses ventes ont progressé de 9,2 % au premier semestre, atteignant plus de 600 millions d’euros pour 12,5 millions d’abonnés.

L’innovation reste la priorité

Au-delà des éventuelles opérations de consolidation, Iliad reste concentré sur l’innovation technologique. Thomas Reynaud a réaffirmé que la priorité du groupe est avant tout le développement de la prochaine génération de Freebox. Produit emblématique du groupe depuis deux décennies, la Freebox est perçue comme un levier stratégique pour se différencier sur un marché français arrivé à maturité.

Le groupe investit également massivement dans les data centers et l’intelligence artificielle, avec pour objectif de réduire sa dépendance aux géants technologiques européens et asiatiques.

Résultats solides malgré un marché saturé

Au premier semestre 2025, Iliad a quasiment triplé son bénéfice net, atteignant 700 millions d’euros. Son chiffre d’affaires s’élève à 5 milliards d’euros, en hausse de 3,8 % sur un an. Le groupe totalise désormais plus de 51 millions d’abonnés à travers l’Europe, franchissant ainsi un cap symbolique.

Cependant, en France, la croissance semble plafonner. Dans un marché où les marges de progression sont faibles, l’innovation et la diversification géographique apparaissent comme les clés de l’avenir.

Une politique tarifaire stable face à la concurrence

Sur le plan commercial, Iliad continue de cultiver son image de trublion du marché. Le groupe s’est engagé à ne pas augmenter ses forfaits mobiles avant 2027, en opposition aux pratiques de ses concurrents qu’il accuse de hausses tarifaires déguisées après des périodes de promotions.

Depuis 2012, les forfaits à 2 € et 19,99 € n’ont pas bougé, tout en s’enrichissant régulièrement. Cette stabilité est présentée comme un facteur majeur de la fidélisation des clients et de la progression financière du groupe, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure des Français.


Iliad confirme ainsi sa stratégie de croissance raisonnée, entre consolidation prudente en France, retrait calculé à l’international et innovation technologique continue.

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