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Le “contact tracing” pourra-t-il limiter la propagation du COVID-19 ?

Nombreux sont les pays qui utilisent le “contact tracing” numérique des personnes qui seraient potentiellement contaminées par le Coronavirus. Mais est-ce utile ?

L’application StopCovid utilise la méthode du “contact tracing” numérique. Mais est-ce que ce système peut vraiment lutter contre la propagation du virus ?

Lors de sa dernière allocution le 13 avril, le Président de la République a annoncé que le confinement serait maintenu jusqu’au 11 mai. Il a également confirmé la mise en place de l’application StopCovid, qui permet de tracer et d’alerter en cas de contact avec une personne contaminée par le Coronavirus. Selon le gouvernement, son objectif serait de “limiter la diffusion du virus en identifiant les chaînes de transmission”.

L’opposition vient de réclamer aujourd’hui un vote à l’Assemblée.

La méthode du “contact tracing” avec l’utilisation du Bluetooth

StopCovid utiliserait la technologie sans fil Bluetooth pour capter les contacts des personnes croisées pour qu’en cas d’infection, elles soient alertées et invitées à se faire dépister, contacter un médecin et s’isoler si nécessaire.

Les données récoltées seraient anonymisées et chiffrées dans les smartphones des personnes croisées, si leur Bluetooth est activé bien entendu. C’est ce qu’on appelle le contact tracing” mobile, c’est-à-dire l’enregistrement de méta-données Bluetooth.

Lire également : StopCovid : découvrez l’application du Gouvernement pour limiter la propagation du Coronavirus

Comme il est très difficile de pouvoir tester l’ensemble de la population – et de manière rapide – la méthode de “contact tracing” numérique pourrait permettre de confiner les personnes malades et potentiellement contaminées, que StopCovid aurait repéré. C’est en tout cas l’idée de l’application. Tandis que le reste de la population pourrait être encouragée à être déconfinée.

Une application efficace qu’à certaines conditions ?

Mais StopCovid ne serait efficace que selon certains critères : une utilisation massive d’abord, et une grande campagne régulière de dépistage d’autre part.

Or, l’application est optionnelle et rappelons que certains n’ont pas de smartphones ou bien ne savent pas en utiliser, installer une application ou activer la fonction Bluetooth par exemple. On pense notamment aux personnes âgées, qui sont d’ailleurs les personnes les plus touchées par le virus et les moins bien équipées en matière de technologie.

StopCovid n’a pas la cote

L’application serait utilisée sur la base du volontariat et de l’anonymat, mais elle ne fait pas l’unanimité et créé le débat depuis qu’on entend parler d’elle. Certains estiment en effet qu’elle mènerait un contrôle abusif et porterait atteinte aux libertés individuelles.

Quinze députés (dont certains du groupe En Marche) dénoncent dans une tribune au Figaro un “pistage massif” qui serait un “changement de paradigme majeur par rapport à nos usages numériques”. Le député En Marche Sacha Houlié dans le JDD, s’oppose également à toute mesure de tracking ou de géolocalisation : “Le suivi des données des personnes infectées est une réponse dangereuse et condamnable”.

La CNIL indique quant à elle qu’une telle application ne peut exister que sur la base du volontariat des utilisateurs et d’un respect strict de certaines contraintes assurant la protection des données personnelles.

“Si un suivi individualisé des personnes était mis en œuvre, il faudrait d’abord, à droit constant, qu’il soit basé sur le volontariat, avec un consentement réellement libre et éclairé – et le fait de refuser l’application n’aurait aucune conséquence. Ensuite, la CNIL veillerait notamment à ce que ce dispositif soit mis en place pour une durée limitée”.

Marie-Laure DENIS, Présidente de la CNIL, auditionnée par la commission des lois de l’Assemblée nationale le 8 avril 2020

Pas de date officielle de sortie

Même si la présidente de la CNIL a déjà été auditionnée concernant l’application, il n’y a pas de date officielle concernant le lancement de StopCovid, mais Emmanuel Macron souhaiterait que les parlementaires débattent à son sujet avant la date du déconfinement, le 11 mai.

Le secrétaire d’État en charge du Numérique Cédric O soulignait que cette application n’était “qu’une brique — par ailleurs incertaine — d’une stratégie globale de déconfinement” dans une interview accordée au Monde.

L’opposition réclame un vote à l’Assemblée nationale

Le gouvernement indiquait que StopCovid n’avait pas besoin de nouvelle loi (donc pas de vote) jusqu’à présent, mais à l’unanimité, l’opposition vient de réclamer un vote selon France Info. Cette demande est “parfaitement entendable” pour Édouard Philippe.

La demande de l’opposition a été formulée ce lundi 20 avril lors d’une visioconférence avec le premier ministre. Tous les partis politiques de l’opposition (France insoumise, Verts, Socialistes, Républicains, Rassemblement national…) sont en faveur d’un vote à l’Assemblée, qui va plus loin qu’un simple débat prévu le 28 avril à l’Assemblée nationale et le 29 au Sénat.

Affaire à suivre.

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