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StopCovid : 46% des français sont prêts à installer l’application de suivi

Un sondage a été mené parmi les français afin de déterminer le pourcentage de personnes acceptant d’installer et d’utiliser l’application StopCovid. Les résultats sont partagés.

L’application StopCovid, conçue par le gouvernement français et l’Inria pour surveiller la propagation du virus et le flux des personnes contaminées, rencontrera-t-elle un succès ou un échec ? L’Ifop a cherché à le savoir en interrogeant les français sur leur volonté, ou non, d’installer et utiliser l’application mobile par le biais d’un sondage.

A l’approche du déconfinement, qui se fera vraisemblablement par région, de nombreuses mesures sont mises en place par le gouvernement afin d’assurer la sécurité de tous, notamment la distribution de masques, la poursuite du télétravail, ou le développement de StopCovid pour limiter la propagation du Covid-19 dès la fin du confinement.

Cette dernière doit rassembler de nombreuses conditions afin d’être opérationnelle et efficace, mais les français ont conscience des défauts qu’elle présente puisque les résultats du sondage montrent que seuls 46% des français sont prêts à l’installer et à l’utiliser sur leur smartphone.

Une application mal perçue par les français

Les opinions publiques concernant l’application sont partagées : moins de la moitié des français se dit prête à utiliser quotidiennement l’application, et donc à faire surveiller ses déplacements.

Sur le papier, l’application a une vocation noble qui est de prévenir d’une éventuelle deuxième vague de virus. Pour ce faire, l’application dressera une liste des personnes qu’un individu aura croisé dans une journée et mettra en avant les personnes susceptibles d’être contaminées, ou qui le sont effectivement, par le Covid-19.

Mais pour fonctionner, StopCovid doit avoir un accès permanent au Bluetooth de l’appareil de l’utilisateur, afin de continuellement récolter des données. Une nécessité mal vue des français ainsi que des Autorités comme la CNIL qui, malgré son approbation, impose de nombreuses règles précises au gouvernement, et aux entreprises dédiées au projet, pour assurer le respect de la vie privée des utilisateurs.

Une utilisation massive compromise

Il se pourrait que l’application ne rencontre pas de succès, ce qui poserait un grand problème car elle requiert une utilisation massive pour être efficace.

D’autant plus qu’Apple et Google ont collaboré sur une solution directement intégrée dans les appareils, qui fonctionnera sur le même principe que StopCovid. Cette solution recueille de nombreux avantages par rapport à l’application du gouvernement :

  • c’est une API directement activable dans les réglages du smartphone, il n’y a donc pas de besoin d’installer une application tierce
  • les données recueillies sont chiffrées et supprimées au bout de 14 jours
  • les deux géants du net travaillant dessus, la solution disposera des autorisations nécessaires pour pouvoir fonctionner
  • les données recueillies sont conservées dans un stockage local

De nombreux avantages qui jouent donc en défaveur de StopCovid, qui, en plus de poser des problèmes relatifs à la vie privée des utilisateurs, ne dispose pas des autorisations nécessaires auprès des systèmes d’exploitation.

Comme nous l’avons déjà abordé, Orange, entreprise œuvrant dans le projet de StopCovid, est en discussion avec Apple pour obtenir un accès bas niveau au Bluetooth des iPhone, chose qui n’est pas autorisée pour toutes les applications tierces par le système d’exploitation iOS.

Des bracelets en remplacement de l’application pour les personnes n’ayant pas de smartphones

L’utilisation massive de StopCovid est également compromise par le fait que seuls 70% des français possèdent un smartphone. Cela revient à dire que déjà 30% des français ne pourront utiliser l’application mobile, une partie importante de la population. D’autant plus que parmi ces 30% se retrouvent en grande partie les personnes les plus vulnérables face au virus, à savoir les seniors.

Le Secrétaire d’État au Numérique, Cédric O, a alors énoncé la mise en place d’un boîtier ou d’un bracelet connecté en remplacement de l’application pour ces 30%, dans un communiqué publié sur Medium. Il s’agit d’une des pistes envisagées qui prendrait plusieurs semaines supplémentaires pour être réalisée.

Dans ce même communiqué, Cédric O tente de rassurer les français par rapport à la protection de leurs données et de leur vie privée, mais tient à insister sur le fait que “le risque zéro n’existe pas“.

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